Histoire géographie et éducation civique au collège et lycée

Centre et périphérie

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Publié le 30 août 2004

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« Modèle explicatif d’une relation hiérarchique entre deux espaces, fondé sur le rôle des interactions dissymétriques.
Le couple centre/périphérie est utilisé pour décrire un système spatial fondé sur la relation inégale entre deux types de lieux : ceux qui dominent ce système et en bénéficient, les centres, et ceux qui le subissent, en position périphérique.[...]
Alain Reynaud applique la notion à la géographie en 1981 (ouvr. cité) : pour lui, le centre est un lieu de concentration de population, de richesses, d’informations, de capacités d’innovation, de moyens d’action et de pouvoirs, de décision. Le centre, c’est là « où les choses se passent ». La périphérie se définit comme le négatif du centre, marquée en parti-culier par une absence d’autonomie en matière décisionnelle. Selon ce modèle, c’est la distance au centre qui constitue le principe fondamental de la différenciation et de l’organisation spatiales. Le concept peut être employé à tous les niveaux de l’échelle géographique, du local au mondial. Reynaud systé-matise aussi la composante interactive du couple : le centre n’est, le centre que parce qu’il y a une périphérie et par rapport à la périphérie.[...]
Il propose une lecture dynamique : cela signifie la possibilité pour un lieu « exploité » de remonter dans la hiérarchie, d’être « annexé » (Irlande, Malaisie), « intégré » (Espagne, Singapour), voire de devenir un nouveau centre de plein exercice (Japon). Cette vision ouverte, dans laquelle une position défavorable peut être retournée par les sociétés concernées, y compris en utilisant comme ressource ce qui était une faiblesse (par exemple le bas niveau des salaires), se trouve largement validée par l’histoire récente du développement à l’échelle mondiale.[...]
Le rapport centre/périphérie valorise la notion de distance en posant le principe que, plus on est loin du centre, plus on est périphérique : [...] ce modèle ne tient, que si on résiste au spatialisme primaire qu’il pourrait revêtir si on l’utilisait imprudemment. Pour parer à cette difficulté, il faut l’assortir d’une batterie de métriques correspondant au problème posé.[...]

Cela conduit à placer le rapport centre/périphérie dans l’orbite des réseaux, plutôt que dans celle des territoires. Des lieux qui se trou-vent très proches selon des métriques territoriales classiques (pays frontaliers ou même villes voisines), peuvent se trouver beaucoup plus éloignés dans une lecture réticulaire. Dans cette perspective, il n’est nullement interdit de considérer le centre lui-même comme un réseau, par exemple le réseau de villes de l’A.M.M. » J. LEVY et M. LUSSAULT (dir.), Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, Belin, 2003

Bibliographie

  • ouvrages cités
  • A. François, « Le concept de développement : la fin d’un mythe », L’Information géographique, vol. 66, décembre 2003
  • M. F. Durand, J. Lévy, D. Retaillé, Le monde : espaces et systèmes, Presses de la fondation nationale des sciences politiques-Dalloz, 1992

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